Photos du début

Quelques photos de mes débuts. En fait naviguer m'est venu sur le tard (la quarantaine), avant je n'y avais jamais pensé, c'était pour les riches. A mon niveau de baba cool parisien la découverte d'autres pays ne pouvait se faire que par la route. Ce que j'ai fait aussi. J'ai pas mal vadrouillé au Maroc et dans l'Afrique noire occidentale, je vous ai mis quelques photos à ce sujet. Et puis le virus de la navigation m'a pris de façon classique : par contagion. Parti dans une location de voilier avec skipper quand j'étais responsable d'une boutique d'informatique à Toulouse, je me suis fait conseiller de faire mes classes dans une école de croisière comme la grande classique, celles des Glénans (avec un 's', c'est le petit archipel, au large de Concarneau qui n'en a pas). C'est là où j'ai acquis le niveau "3 voiles" (le 4e niveau étant pour les régatiers, mais ma philosophie de la croisière est plutôt le camping car flottant)


WM aux Glénans

Le futur capitaine, ici stagiaire aux Glénans sur un Sur Rise, se familiarise aux manoeuvres
et évite de déclencher le plan Polmar dans une houle nauséeuse résiduelle

 

Après ce fut l'engrenage infernal du drogué : il me fallu mon bateau à moi. J'avais bien tenté la démarche des bourses des équipiers mais je ne tombais que sur des charters au noir (chers) et, lorsque j'ai cru trouver l'oiseau (de mer) rare, le soit disant propriétaire d'un Idylle de 11,50 m m'ayant fait déplacer à Saint Malo ce fut pour apprendre, par la gendarmerie, que le dit bateau avait été volé et que le voleur était écroué. Je dois reconnaître la perspicacité de ces braves gens (malgré un vieux passif de rackets radars) qui auraient pu me mettre en garde à vue comme complice supposé. Bref, je finis par me dire que si je voulais naviguer, il me faudrait acheter mon bateau. Ce fut chose faite à Cap d'Agde où un Daïmio (CNSO) était à vendre à un prix correct.

 

 

Sous le noir fouet de guerre à quadruple pompon,   
L'étalon belliqueux en hennissant se cabre   
Et fait bruire, avec des cliquetis de sabre,   
La cuirasse de bronze aux lames du jupon.
     
Le Chef vêtu d'airain, de laque et de crépon,   
Otant le masque à poils de son visage glabre,   
Regarde le volcan sur un ciel de cinabre  
Dresser la neige où rit l'aurore du Nippon
.    
Mais il a vu, vers l'Est éclaboussé d'or, l'astre,  
Glorieux d'éclairer ce matin de désastre,  
Poindre, orbe éblouissant, au-dessus de la mer ;
    
Et, pour couvrir ses yeux dont pas.un cil ne bouge,   
Il ouvre d'un seul coup son éventail de fer   
Où dans le satin blanc se lève un Soleil rouge.  

(José Maria de Heredia, Les Trophées, Le Daïmio)

Certes, ce Daïmio était bien plus pacifique que les Daimyo (大名 littéralement « grand nom », en japonais daimyō, avec un o long), redoutables samuraïs devenus sédentaires et seigneurs provinciaux (fin du XVe siècle), c'est un robuste petit voilier de 7 m offrant un espace habitable intérieur confortable pour sa taille, stable et pardonnant beaucoup d'erreurs (idéal pour un débutant). La motorisation se fait par un moteur hors-bord (dont l'excellent Suzuki vendu comme un 9,9 CV, mais qui est, en fait un 15 CV qu'il suffit de débrider). Ce Daïmio, du nom de Chimère, me permit d'aller en Corse, Sardaigne et Baléares en solo et à une époque où le GPS n'existait pas (ce qui occasionnait certaines angoisses dans les atterrissages de nuit). Je l'ai gardé trois ans.

 

Chimère à Gruissan

 

Chimère devant "la mosquée" (la capitainerie de Gruissan)

 

 

Chimère

 

Chimère, vu du quai

 

 

Donc après 3 ans de bons et loyaux services il me fallu plus grand, ce qui n'était pas évident surtout quand on a un budget limité. Heureusement un brave directeur financier, muté au Congo, bradait son Symphonie (Jeanneau) car il était obligé de le vendre vite. Je sautais sur l'occasion. Bien sûr il était très peu équipé et, comme je le destinais à une navigation hauturière, il me fallu l'aménager en ce sens. Le but envisagé étant de baguenauder au long cours vers des terres lointaines, mais pas en solitaire et c'était là où les choses se compliquaient...